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Chapitre 1 : Un type qui courrait pieds nus sous la pluie.

Chapitre 1 : Un type qui courrait pieds nus sous la pluie.

(Errare Humanum Est...? - Heroïc-Fantasy - 24/10/2002)

Derym dévalait la colline en riant sous la pluie des premières ondées automnales. Le jeune homme adorait la pluie et les orages de ce début de saison... Il admirait les brèves et soudaines lueurs des éclairs éclatant dans le lointain, frissonnait devant la puissance grandiose de la Nature quand résonnait le tonnerre. Il glissait plus que courait le long de la pente finissante de la colline, jouant comme un gosse sur l’herbe détrempée. L’atmosphère était électrique, l’air sentait l’herbe et la terre humide, il partait enfin à l’aventure... Il se sentait en parfaite communion avec la Nature ! Tout commençait bien !

Cela faisait maintenant deux jours qu’il avait quitté son vieux Maître, le druide elfique Kel’Dias, et pour lui qui n’avait jamais quitté la Forêt Sacrée, tout était source de nouveauté et d’émerveillement ! Bondissant par-dessus les derniers obstacles, Derym aboutit au commencement de la Grande Plaine.

Quelques instants plus tard, il arriva devant un ruban de pierres ouvragées qui courrait dans la plaine. Une route pavée. La première chose construite par ses semblables qu’il voyait. Son sourire se fit plus large et il posa ses pieds nus sur les pierres taillées et frissonna à ce contact étranger. Quelle sensation curieuse, après toute une vie passée dans les bois... Et pas désagréable ! Même s’il préférait courir dans l’herbe et sentir la Terre sous ses pas... D’un pas décidé, il se remit en route. Direction : les lumières que ses yeux verts perçants devinaient dans le lointain.

Quelques temps plus tard, Derym découvrit des choses que son Maître avait apparemment négligé de lui conter, dans ses récits et légendes héroïques : cheminer sur une route pavée pouvais s’avérer plus traître et plus fatiguant (et douloureux pour les pieds) qu’on pouvait le croire ! Après sa troisième chute, rattrapée in-extremis, le jeune homme décida sagement de se remettre à courir sur le bas côté... Au loin, dans les brumes laissées par l’orage, il pouvait deviner un village, ceinturé par un rempart de pierres grises. L’ingéniosité des hommes l’étonnait et l’émerveillait. Cet ouvrage titanesque était trop imposant pour ne servir qu’à repousser les bêtes sauvages... Alors quelle était son utilité ? Ah oui ! C’est vrai, les hommes se font parfois la guerre entre-eux ! Ce doit être un système défensif pour ce genre de cas ! En s’approchant de la ville, il fut pris d’un doute... comment étaient ces gens ? Etaient-ce des "Barbares sans Foi ni Loi", comme disait le Maître quand il était en colère ou quand il trouvait un piège de chasseur dans la Forêt ? Ou alors était un repère de Héros et de gens de valeur, luttant pour la Civilisation ? La peur et l’attrait de l’inconnu se chamaillaient dans son esprit. Il n’hésita pas très longtemps, l’appel de l’aventure était irrésistible ! Et il avait une mission à remplir.

"Alors qu’avons-nous là ?"
"Un type bizarre, Chef ! J’ai cru qu’c’tait un Elfe, mais non... un ’venturier si vous v’lez mon avis..."
Le Chef de la Garde de Nuit d’Hillend jeta un bref coup d’œil analytique, fruit d’une longue expérience au service de la garnison, sur le gars trempé, encadré par deux de ses hommes. Mince, les cheveux roux longs, en batailles. Yeux verts. Vieille armure de cuir (elfique ?).Sac de voyage en bandoulière, pas d’armes apparentes... Bref pas un mendiant (l’armure), ni un spadassin. Probablement un de ces coureurs des routes à la recherche de la gloire. Un aventurier... Comme lui y’a bien des années !
"Alors, vous désirez ?" demanda le garde.
"Et bien, comme je l’ai déjà dit, je viens en paix et j’aimerais rentrer dans votre cité... Pardon je ne savais pas que les portes étaient fermées la nuit, et j’ai impudemment escaladé ce mur... J’ai pas l’habitude de ce genre de choses."
Ses excuses embrouillées, sa mine sincère et sa manière plaisante de parler achevèrent de convaincre le garde.
"C’est bon, mon gars ! J’vois le genre... On est parti chercher l’aventure, hein ? Tu peux y aller, mais fais gaffe, on t’a à l’œil !"
"Milles merci, officier... Et heu... Pourriez vous m’indiquer un endroit où je puis me reposer, et si possible, m’enquérir d’éventuels mercenaires ?"
"Pfff... T’as qu’à essayer l’auberge du Chariot du Vent, à droite sur la rue, avant la Grand Place... Mais cherche pas les emmerdes : j’veux pas te revoir ou entendre parler de troubles dans ma ville, compris ?"
"D’accord, ne vous en faites pas ! Merci et encore pardon pour le dérangement !" Flanqué de deux gardes, Derym fut conduit à la porte et promptement mis dans la bonne direction.

Le jeune homme finit par arriver devant l’auberge citée, ne s’étant perdu que deux fois pendant qu’il flânait nez en l’air dans la ville. Il s’était étonné du manque d’animation dans les rues, la nuit étant encore jeune. Bah, les gens d’ici n’aimaient peut-être pas les soirées pluvieuses, voilà tout ! Il arriva devant l’enseigne du Chariot du Vent et fut rassuré : apparemment les gens se regroupaient dans ce genre d’endroit pour faire la fête ! Le garde l’avait bien renseigné. Une agréable musique et des rires bruyants d’ivrognes s’échappaient de l’établissement. Derym poussa la porte de l’auberge...

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