Invocation
MageGaHell Aerth
Aerth, récits fantastiques
Commentez !     T T T  
Chapitre 4 : D'Or et de Sang

Chapitre 4 : D’Or et de Sang

(Errare Humanum Est...? - Heroïc-Fantasy - 5/11/2002)

"DERYM ! DErrrrymmm ! Tu te lèves ! On a pas la journée..." Emergeant difficilement du sommeil, le jeune homme grogna une réponse à Lelfe avant de se lever. Désormais il éviterait de dormir dans ces auberges trop confortables ! Lui d’habitude si fringuant au réveil, se sentait vaseux et avait mal au crâne... Une fois prêt, il ouvrit à Lelfe, impatient. Celui-ci était aujourd’hui vêtu d’un kimono violet vif, entrouvert pour montrer sur son torse nu son incroyable collection de babioles et bijoux. Cette tenue, complétée par les armes, ceintures, sacoches et baudriers de l’aventurier-type était une véritable agression pour l’œil de toute personne ayant un minimum de sens esthétique.
"Ah ! Te voilà enfin ! Bon, allons vite profiter du minable petit-déjeuner avant que l’aubergiste nous vire manu militari !"
"Alut !"
"Bonjour Lelfe, Bonjour Groumpf..." Derym étant encore mal à l’aise en présence du guerrier géant, sa salutation fut un peu timide, mais ne sembla pas vexer le colosse. Il lui dédia même un large sourire.
"Tu sais... Peu de gens ont le courage de saluer Groumpf les yeux dans les yeux..." lui souffla Lelfe.

Le trio descendit donc dans la salle commune de l’auberge et se restaura rapidement. Comme l’avait annoncé Lelfe, le tenancier leurs lança des regards noirs, très significatifs. Il ne s’était visiblement pas encore remis de la "prestation" du Barde...
"Bon ! Par où on commence, chef ? " demanda Lelfe, en posant sur la table la carte du monde de Derym (d’ailleurs issue du sac de celui-ci...).
"Euh... par aller au Temple Elémentaire le plus proche ? Et pourquoi tu m’appelles chef ? "
"Pfff ! Ils sont tous aussi loin les uns que les autres... Et comme c’est toi qui nous a engagés, t’es le chef ! Donc tu décides !"
"Alors... Voyons, j’ai toujours eu une bonne affinité pour l’eau..."
"Ahah ! C’est donc décidé : on va en premier au Temple de L’Eau ! Voyons voir : il est vers... Hein !"
"Quoi ?"
"Arff... T’es bien sur de ta carte, là ? Oui ? Car ton Temple, il se trouve au milieu de la Mer Blanche ! En pleine zone arctique !! "

Le groupe finit par quitter l’auberge, au soulagement visible de son propriétaire. Ils avaient arrêté leur destination : Le Temple de L’Eau ! Lelfe avait déjà un parcours rapide en tête (son naturel impatient ne lui faisait pas envisager un long pèlerinage initiatique !).
"Bon, d’abord on t’équipe : tu peux pas te balader éternellement pieds nus ! D’ailleurs on va d’abord faire changer tes pièces..." Derym confia sagement la négociation du change à Lelfe, qui embobina magistralement un marchand collectionneurs et le groupe se retrouva bien vite en possession d’un joli magot. Ensuite, le joyeux Barde expliqua à Derym la monnaie d’aujourd’hui, désormais valable dans l’ensemble du monde connu ou presque...
"Chaque pièce comporte 2 faces différentes : l’une avec la valeur de la p.o, l’autre avec un blason ou un personnage important connus du royaume... Mais là où le système est génial c’est qu’elles sont magiques ! Regarde : elles fusionnent entre elles et le chiffre indiquant la valeur change ! "
"C’est vraiment très pratique, mais faut donc faire attention quand on paye..." déclara Derym, impressionné par ce petit miracle quotidien.
"Oui... De plus, la valeur maximum d’une pièce a été fixée à 50 p.o. Le blason lui-même change en fonction du Royaume traversé, enfin, pas tous, il faut investir auprès de la MageBanque pour voir son profil ou son drapeau sur ces pièces..." Après son explication, Lelfe entraîna Derym chez un habile chaussier. L’artisan assura que la commande serait prête pour la fin de l’après-midi, l’or de Derym raccourcissant étrangement les délais. Le groupe fit ensuite le tour du marché pour s’approvisionner en vivres et autres éléments de survie.

Enfin, l’achat le plus dispendieux fut celui de l’attelage d’un marchand aisé. Derym aurait préféré y aller à pied, plutôt que d’exploiter les chevaux, mais il finit par se ranger du coté de Lelfe : "Pense aux distances voyons ! Je veux pas mourir de vieillesse sur les routes moi !" Il trouva aussi superflu l’achat du chariot, mais là encore Lelfe avait raison : aucun cheval ne pourrait porter Groumpf ! Sans parler de l’équipement et des bagages du Barde, qui prenaient une place considérable...
"Tout de même c’était bien cher pour ça..."
"C’est parce que là aussi il y a de la magie dans l’affaire ! Regarde bien les fers des chevaux : ils sont enchantés ! Avec ça on va filer comme le vent !"
"Des fers... Mon dieu qu’ont-ils fait à ces pauvres animaux !"
"Pfff... Ne t’enflamme pas et réfléchit : pensais tu vraiment que les chevaux pourraient aisément courir sur la route pavée sans eux ? Ne t’inquiète pas c’est en fait pour leur bien..."

Après cela, le groupe traîna en ville, Lelfe jouant avec emphase les guides touristiques pour Derym, et Groumpf servant de porteur/garde du corps. Ils complétèrent leurs équipements respectifs par de menus achats, dont les "indispensables potions de soin", au dire de Lelfe... Cela permis à Derym de pénétrer pour la première fois dans un temple dédié à un Dieu humain et inconnu. Lelfe l’emmena dans le Temple d’Orchaïos, le Dieu du Commerce.
"Un des cultes les plus répandus parmis les humains. On trouve au moins un autel dédié à ce Dieu dans le moindre village... Même si ses prêtres sont un peu prétentieux et fiers de leurs succès, ce Dieu à un avantage pour nous, aventuriers : tout dans le temple est à vendre !" De fait le Barde fit l’acquisition de nombreuses fioles auprès d’un diligent représentant du culte. Derym remarqua une chose étrange : Lelfe semblait fourrer dans son barda bien plus de potions et d’onguents qu’il en avait payés... Il n’y pensa pas longtemps tant la visite du Temple l’avait émerveillé. Derym n’avait jamais vu de bâtiment si haut et si massif, tout en arcs-boutants, flèches et tours, éminemment recouvert de dorures et soulignés par des Lumières magiques. La foi de ces gens devait être exceptionnelle pour permettre l’érection de pareil édifice ! En sortant, Lelfe fit un don de quelques menues piécettes au tronc des pauvres : "Une tradition ! Tous les temples en ont un ou presque. Même si les Orchaïstes aimeraient voir plus circuler cet argent !" Ils décidèrent de manger un peu avant d’aller chercher les bottes de Derym. Lelfe connaissait justement un petit restaurant tranquille...

Le trio passait tranquillement dans une ruelle déserte ("Curieux à cette heure..." eut le temps de penser Lelfe) quand le chaos se déchaîna. Jaillissant d’embrasures de portes, de fenêtres, de zones d’ombres et de passages dérobés, une meute d’assassins tout de noir vêtus se jeta sur les aventuriers ! Instantanément Lelfe se mit en position de combat et d’un coup de dague, écarta une épée qui visait Derym médusé.
"Groumpf ! Taper !" hurla-t-il à son acolyte qui avait déjà dégainé sa gigantesque hache de bataille. Le géant entra dans la danse, fauchant les assaillants. Il ne cherchait même pas à parer les coups, se concentrant sur l’attaque, toujours l’attaque. Il y eut un flottement dans les rangs adverses après que Groumpf eut balayé de revers négligents leur première vague, expédiant des corps tranchés et broyés dans toute la ruelle.

Derym resta d’abord interdit devant la sauvagerie de l’assaut. Il avait certes déjà combattu des animaux sauvages, voire quelques Orcs et Gobelins pillards, mais il n’avait jamais combattu ses semblables. Hors, malgré leurs masques et leurs regards avides de sang, les assaillants étaient indéniablement humains. A côté de lui, Lelfe et Groumpf tuaient sans remord, sans même réfléchir, défendant leurs vies et celle du jeune Druide.

"DERYM !! Bon sang réagis !" hurla Lelfe, dague au point, il affrontait quatre malandrins, les entraînant dans une danse de fer effrénée pour détourner leur attention du jeune homme. Il réagit enfin, voyant son nouvel ami risquant sa vie pour lui. Heureusement d’ailleurs, car dans son dos s’était glissé un spadassin. Du coin de l’oeil, il vit venir le coup et plongea vers le bras tendu de son agresseur, le saisissant au vol. D’un mouvement tournant il fit basculer le mécréant au sol, avant de lui expédier un coup de pied dans la mâchoire. Il se battait pour sa vie, pas pour l’honneur !

Son maître lui avait enseigné quelques rudiments d’art martiaux et il se mit en garde de boxeur, prêt à secourir Lelfe. Celui-ci fut à la fois soulagé et inquiet quand Derym le rejoignit : le jeune homme avait enfin réagit mais voilà qu’il se lançait poings et pieds nus contre des lames de métal !

Pendant ce temps, la majorité des assassins se concentraient sur Groumpf, nettement le plus dangereux du groupe. L’elfe n’était que du vent... Rapide et agile mais sans réel talent. L’humain se battait comme un sauvage, mais sans armes... Alors que le monstre broyait ses opposants sous de titanesques coups de hache géante. Ils tentèrent d’encercler le géant... Peine perdue, il fit tournoyer sa hache à deux mains, à une vitesse folle et décolla bien des têtes ! Mais les assaillants restaient confiants : ils avaient l’avantage du nombre et du terrain.

Une volée de carreaux d’arbalètes s’abattit sur le groupe d’aventuriers. Lelfe plongea pour sauver Derym, qui boula à terre. Groumpf encaissa, ces piqures de moustique ne faisant qu’augmenter sa fureur martiale ! Lelfe analysa la situation : Groumpf bataillait avec dix assaillants contre lui, saignant de multiples blessures, légères certes, mais néanmoins fatales à long terme. De plus il avait "écrémé" les agresseurs en balayant les plus faibles... Seuls les plus vicelards, les plus habiles et dangereux restaient pour se mesurer à lui... L’incroyable science du combat (enfin, du massacre...) de son ami n’allait pas résister longtemps à ces assauts multiples... Lui était blessé, ayant intercepté de son bras un carreau destiné à Derym. Ce dernier se battait pas trop mal, mais devait consacrer toute son attention à la défense, ne pouvant atteindre ceux qui s’abritaient derrière leurs épées... La ruelle était bloquée par ailleurs des deux cotés par des arbalétriers, pas de fuite possible ! Un guet-apens superbe ! Bref, c’était mal barré...

"Derym ! Tiens les en respect quelques instant !"
"Quoi ! T’es dingue !"
"Fait-le !" Derym, obéissant, se jeta toutes griffes dehors (donc à mains nues...), sur les deux assassins que combattait vaillamment Lelfe. La surprise lui permis d’envoyer un vicieux coup de pied dans une partie fort sensible d’un adversaire, le mettant quasiment hors de combat et attirant l’attention de l’autre. Lelfe profita de la diversion pour se mettre à couvert sous une galerie marchande abandonné. Là ses mains dansèrent un instant, canalisant l’énergie magique. Dans un éclair, une mare d’huile se matérialisa sous les bottes des arbalétriers bouchant la rue ! Tous churent pesamment, avec forces jurons.

Jaillissant Lelfe expédia un coup de dague assassin à l’adversaire médusé de Derym, ouvrant un sourire sanglant sur sa gorge. L’autre groupe d’arbalétriers ne resta pas inactif devant ce spectacle : calmement ils mirent Derym et Lelfe en joue. Leur succès ne faisait aucun doute.
"Groumpf !!" hurla Lelfe Le géant enfonça aussitôt le mur d’assaillants qui le séparait de son ami, récoltant au passage une pléthore de blessures plus ou moins profondes. Il n’en avait cure : protéger Lelfe était toute sa vie ! Il s’interposa au moment même où les spadassins faisaient feu, criblant son corps de carreaux probablement empoisonnés ! Profitant de ce bouclier humain (?), Lelfe se mis à incanter de plus belle : un dard magique fila vers le groupe d’arbalétrier englué dans l’huile, y mettant le feu ! Au moins ils en seraient débarrassés, même si les flammes bloquaient désormais cette voie de retraite...

Derym, inspiré par l’exemple de Lelfe, entonna un chant grave en hommage à la puissance de la Nature... Répondant à ses prières, des ronces et des herbes grimpantes jaillirent entre les pavés et immobilisèrent le groupe d’arbalétriers qui venait de "poinçonner" Groumpf. C’était la première fois qu’il se servait d’un sort druidique "offensif" ! Il sourit devant la manifestation grandiose de la Nature, même en pleine ville... Mais bon, ce mur végétal n’allait pas retenir les mécréants longtemps...

Groumpf se retourna pour faire face aux épéistes restant. Dix assassins parfaitement maîtres d’eux et rodés au combat contre un monstre de puissance qui se battait tout de même comme un maître d’arme. Ils espéraient quand même que le poison allait vite agir ! Lelfe, blessé, épuisé par l’usage de la magie, tendit une fronde à Derym pour qu’il supporte Groumpf. Ce dernier vit du sang coulé sur le bras de Lelfe : il entra dans une fureur noire ! Il parut grossir encore, ses muscles colossaux tendus comme des ressorts. Une vague de chaleur et de puissance brute frappa Derym. Berserk ! Son Maître érudit lui avait parlé de ce phénomène... Dangereux, mais puissant !

Le géant enragé se jeta à l’assaut, écrasant têtes et corps, broyant, tuant hachant en deux,... Une pluie de sang accompagna la fureur de la brute. Fureur ? Certes, mais les dons de guerrier parfaitement aguerri de Groumpf étaient encore là ! Les malheureux assassins qui pensaient avoir en face d’eux une montagne de muscles sans cervelle finirent dans une giclé de viscères ! Lelfe et Derym contemplaient le carnage d’un air effaré : seul il allait tous les vaincre ! Les sens aiguisés de Derym lui indiquèrent une voix suspecte : sur un toit il vit un étrange vieillard en toge noire qui gesticulait en chantant ! Magie ! Sans même réfléchir il arma sa fronde et expédia une bille en pleine tête du sorcier ! Cela interrompit le mage dans ses incantations, sauvant Groumpf d’un horrible sortilège.

"Groumpf ! Là-haut !" hurla Lelfe en désignant le sorcier repéré par Derym. Le mage se croyait à l’abri. Il sourit en voyant le monstre lancer sa hache géante vers lui... Un tel objet, si massif et si peu aérodynamique ne l’atteindrait jamais ! Groumpf n’avait pas été à la même école que le vieux magicien. La hache à deux mains heurta le sorcier de plein fouet, lui broyant la cage thoracique sous l’impact ! le choc fut tel que le sorcier et l’arme de mort défoncèrent la toiture de l’immeuble ! Le mage-assassin fut broyé dans l’effondrement des gravas !

Il ne restait que deux mercenaires contre Groumpf qui reprirent un instant courage devant le fauve désarmé. Un instant seulement. Groumpf sortit de son sac à dos un gigantesque marteau de guerre. Ils reculèrent devant son sourire carnassier. Trop tard. La situation semblait s’être renversée en faveur du group de héros ! Sauf que :

"Mains en l’air les guignols !" Apparemment le sortilège de Derym avait atteint sa limite... Cinq arbalétriers les tenaient en joue au bout de la ruelle. Nulle échappatoire possible. Derym se mit en garde, comptant gagner du temps pour que Groumpf intervienne. Un bref coup d’oeil en arrière le priva de cet espoir : sous le contrecoup de sa rage berserk et du poison contenu dans les carreaux, le combattant géant tenait à peine debout ! Quant à Lelfe, il souffrait lui aussi, mais moins atteint. D’ailleurs il semblait murmurer une prière à son épée, encore au fourreau...Derym tendit l’oreille, le coeur gonflé d’espoir.
"Allez là c’est vraiment le moment... J’ai vraiment besoin d’un coup de pouce !"
"..."
"Me défendre de bandits assassins, c’est pas de la Justice peut-être ? Rappelle-toi : le Mal doit être châtié !"
"..."
"Ok, merci ! "

Sur cet étrange dialogue (monologue ?), Lelfe se redressa. Derym eut la surprise de voir les rubans du fourreau se défaire seuls.
"Ok, on se rend !" dit Lelfe à voix haute en avançant. Et quasi-instantanément il dégaina ! Les arbalétriers ripostèrent presque aussi vite, mais Lelfe était presque déjà sur eux ! Il avait parcouru la ruelle à une vitesse incroyable ! Il fit un large geste devant lui avec son épée. L’air se troubla un instant et arrêta les carreaux meurtriers au vol ! Profitant de la surprise il fondit sur un bandit et le trancha net en deux ! Armure et arbalète comprises ! Mais sur cet exploit, Lelfe s’effondra aux pieds de ses adversaires, du sang jaillissant par puissantes giclées de son bras blessé...
"Mince... J’avais pas… prévu c’t’effet de la Hâte ..." articula-t-il avant de s’évanouir.

Derym voyait sa dernière heure venue, son aventure allait cesser avant d’avoir vraiment commencée. Mais le destin se montra une fois de plus clément. Groumpf, agonisant, partit quand même au combat pour défendre son ami !

"Halte-là messieurs ! Au nom d’Hillend ! Rengainez vos armes !" L’injonction soudaine venait d’un groupe de trois personnes en armures complètes et luisantes, harnachées pour la guerre. Derym ne reconnut pas l’uniforme, mais il ressemblait à celui des gardes de la cité. Il appela donc à l’aide. Les assassins se jetèrent au combat, abandonnant les arbalètes, inutiles contre pareilles cuirasses de métal, au profit d’épées longues. Sous l’ordre de leur chef, les chevaliers dégainèrent et se mirent en formation. Le métal heurta le métal, les lourds boucliers déviaient les estocs vicieux des meurtriers. Groumpf vint perturber la danse des lames, son marteau pesamment levé, s’abattant sans merci sur les crânes qui passaient à sa portée. Malgré ça les assassins se défendaient bien, les chevaliers étant assez inexpérimentés, même aux yeux de Derym. Il en résultat un massacre. Deux chevaliers furent traîtreusement occis et le dernier dût la vie sauve à l’intervention musclée de Derym qui assomma un bandit peu méfiant. Le survivant, bien que mal en point, acheva le dernier assassin.

"Plus que le monstre !" souffla-t-il d’une petite voix, en se tournant vers Groumpf.
"Non !!" hurla Derym. Trop tard. Devant la menace, Groumpf avait automatiquement réagit et il envoya s’étendre pour le compte le chevalier d’un coup de masse, avant de s’effondrer à son tour...

Derym se retrouva donc seul au milieu d’une scène d’apocalypse : ses amis blessés, voire mourants, des corps broyés, éviscérés, traînant de partout, du sang en flaques et en ruisseaux, un début d’incendie et un immeuble branlant après une attaque de Groumpf ! Il eut la surprise de voir le chevalier se relever : il encaissait bien ! D’ailleurs ce n’était pas un homme mais une jeune fille ! Son heaume arraché laissait voir ses profonds yeux noirs, assortis à sa chevelure bouclée d’ébène. Elle aurait pu être très jolie, si son visage n’était pas défiguré par un nez cassé (cadeau de Groumpf) et un rictus vengeur...
"Au nom des Paladins de Tür ! Rendez-vous ou soyez détruit !" menaça-t-elle avec emphase.
"Je me rends, gente dame ! D’ailleurs je ne suis pas armé ! Enfin... Cette fronde n’est même pas à moi... Mais cessons ces menaces ! Pourriez-vous m’aider ? Mes amis se meurent !"

Touchée par l’imploration anxieuse de cet étranger pieds nus, la jeune femme se précipita à ses côtés vers Lelfe, Groumpf semblant émerger tout seul. La jeune Paladine chercha le pouls de l’aventurier elfique gisant sur le pavé. Ouf, il était encore en vie, bien que faible... Elle enleva ses gantelets de métal et posa ses mains sur la blessure de Lelfe. Se concentrant un instant elle fit appel au Dieu de la Justice. Ses mains se mirent à luire doucement : le sort fonctionnait ! Elle espérait seulement que ce serait suffisant pour sauver ce gars ! Soudain la lumière disparu ! Et en réponse, l’un des pendentifs de Lelfe se mis à luire intensément d’une lueur bleutée aveuglante ! La lueur se répartit sur tout le corps de Lelfe, à la grande surprise de la Paladine et de Derym... Sous ses doigts, cette dernière sentait les chairs de Lelfe qui se remodelaient à grande vitesse ! En quelques instants la blessure et le sang avaient disparut et le Barde avait repris des couleurs ! Il ouvrit les yeux.
"Argg ! Ouf... Derym ! Apparemment on s’en est sortis ! "
"Euh… Tu vas bien ? "demanda celui-ci surpris.
"Ouais... Un peu la gueule de bois, mais ça va ! Qui m’a soigné ?"
"C’est cette noble demoiselle. Elle est Paladin ! Jamais je n’aurais pensé en rencontrer !"
"Vraiment ? Et bien merci, gente dame ! Et rangez donc votre symbole sacré : je ne suis ni un démon ni un mort-vivant."

Devant les yeux ébahis et méfiants de la demoiselle, il se redressa, en pleine forme. Sa gentillesse apparente, son sourire enjôleur convainquirent la Paladine qu’il n’était pas membre des Forces du Mal.
"Humm... De rien. Je dois avouer que je m’attendais pas à un résultat aussi frappant..." dit elle en contemplant ses mains.
"Je suis plein de surprises." répondit le Barde avec un clin d’oeil taquin _ "Puis-je savoir le nom de mon sauveur ? Je suis Lelfe et voici Derym !"
"Enchantée, je suis Ysandre Sombreterre, Paladine de Tür, Grand Dieu de la Justice et du Courage, membre de l’Ordre du Point Sauveur d’Hillend !" déclama fièrement la demoiselle.
"Oh, une collègue alors ! " répondit négligemment Lelfe. _ "Permettez-moi de vous rendre la pareille, alors !" Et avant qu’Ysandre ou Derym aient pu réagir, Lelfe posa sa main ouverte sur le visage de la Paladine. Aussitôt une lumière dorée illumina les doigts de Lelfe. Une douce chaleur envahit le visage de la Paladine : envolées les blessures au visage !

"Tu es paladin !?!" s’écrièrent en coeur les deux humains.
"Et oui, un autre de mes talents ! Je suis un suivant de l’Ordre de la Compassion, patronné par le Dieu Nekkräm !" répondit benoîtement Lelfe.
"Jamais entendu parler..." s’étonna Ysandre. "Un elfe Paladin..."
"C’est peu courant en effet, en plus ce culte est fort peu répandu... Mais trêves de bavardages : mon ami Groumpf a lui aussi besoin d’un guérisseur ! Derym ! Sort les onguents et les potions ! Bouge-toi, chef : t’es Druide, non ? Montre-nous ton savoir de guérisseur !"

Commentez !
Un message, un commentaire ?

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)



Qui êtes-vous ? (optionnel)