Invocation
MageGaHell Aerth
Aerth, récits fantastiques
Commentez !     T T T  
Chapitre 8 : Que des hommes...

Chapitre 8 : Que des hommes...

(Errare Humanum Est...? - Heroïc-Fantasy - 1er/12/2002)

"Et après on se retrouve à cette auberge..." finit Lelfe.
"Comment ça ? Je trouve cette idée complètement stupide ! Se séparer est sûrement la pire des choses !" contra Ysandre.
"Ah... Chère Paladine, réfléchissez un peu : nos ennemis inconnus cherchent sans aucun doute un groupe de quatre personnes. Moi et Groumpf sommes assez... inoubliables, ensemble."
"Hpff... N’empêche, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Et j’aime pas l’idée de te laisser seul avec Derym."
"Quelle confiance ! N’oublie pas que c’est lui le chef ! Et il m’a demandé si je pouvais lui en apprendre plus sur la cité. Je me charge de lui faire visiter la cité.Toi et Groumpf vous vous chargez des courses !"
"Et pourquoi moi ? Et pourquoi les deux meilleurs guerriers ensembles ? Et si vous vous faîtes agresser ?"
"Humm... Parce que tu es la seule fille du groupe, les tâches ménagères te reviennent ! " S’écria Lelfe avec un sourire malicieux, en empoignant la main de Derym avant de se mettre à courir hors de portée des vociférations d’Ysandre. La jeune femme enragée fit mine de les poursuivre à travers la foule, mais une main puissante l’arrêta.
"Plaisante. Le pense pas vraiment. Te fait confiance, plutôt..." grommela Groumpf.
"Argg...Je sais... Il est si, si...AGACANT !" ronchonna la guerrière.
"Regarde long papier : plein de choses. Lourd. Nous plus forts et... Toi meilleure pour marchander." conclut laborieusement le géant.
"Je sais... J’avais compris où il voulait en venir. Mais je déteste cette façon de nous manipuler ! Et Tür sait quelles bêtises ils vont encore provoquer."

Lelfe et Derym déambulaient à présent dans la grande citée de Kross, le Barde jouant le rôle de guide touristique pour le jeune homme. Derym se sentait un peu coupable de s’amuser ainsi et de découvrir cette belle ville sans Ysandre et Groumpf. Il s’en ouvrit à son ami qui le rassura en riant.
"Inutile de t’en faire ! Ysandre est probablement déjà venue à la capitale. D’ailleurs à ta gauche, sur la colline, tu peux voir le sanctuaire principal de son ordre. Là ! Le gros truc moche et cubique en pierre massive et impressionnant. Quant à Groumpf, il n’a que peu d’intérêt pour l’Histoire et l’architecture."
"Tout de même, les laisser en plan ainsi et les charger de corvées..."
"Cela va les occuper ! Et nous aussi on a des choses à faire. La nuit approche, ne tardons pas !"
"Ah ? Je croyais qu’on visitait simplement." s’étonna Derym. Après un petit sourire énigmatique Lelfe entraîna Derym vers un quartier cossu et enmuraillé. Il graissa même la patte à un garde de la ville en uniforme d’apparat pour rentrer.
"Quartier riche." murmura-t-il en réponse au regard interrogateur de Derym "Faut payer pour rentrer si t’es étranger."
"Voilà une coutume étonnante..."
"Pas une coutume, un délire sécuritaire. Les gens riches aiment rester entre-eux. Tout en accueillant d’autres riches marchands ou nobles en visite, bien sur." Derym se perdit dans ses pensées, tentant de comprendre cette société dépeinte par le Barde.

A présent, les deux compagnons traversaient un long pont à destination d’une petite île au centre du fleuve courant au travers de la ville. L’île elle-même était fortifiée de pierre noire, couverte de glyphes pulsants de magie. Un seul édifice grandiose de marbre blanc et de hautes colonnades s’y étalait. De larges oriflammes chatoyantes claquaient au vent au-dessus des tours de guet. Ici les gardes étaient en armure d’argent rutilante, toujours accompagnés par une ou deux personnes en toge resplendissante de sorcier. Visiblement c’était un endroit important. Ignorant la porte centrale (pont-levis et grille de fer forgé, gardes en tenue d’apparat, magnifique !), Lelfe gagna une petite porte sur le coté, elle-même richement décorée.
"On va où ? " Souffla Derym, impressionné par le luxe de l’intérieur.
"Au guichet du RATP."
"Quoi ?"
"On va prendre des billets pour un passage au travers du Réseau Autonome de Téléportation Payant. C’est cher mais c’est rapide ! J’espère seulement qu’il y aura pas trop de délai." Un peu confus après les explications de Lelfe, Derym le suivit en détaillant le moindre détail autour de lui. Le Barde, lui très à l’aise, s’approcha d’une belle magicienne derrière un comptoir.
"C’est pour quoi ? " demanda l’employé d’un ton monocorde.
"Des passages pour Everwhite. Quatre personnes plus un chariot de bagage, standard, pas de matériel spécial ou magique." répondit Lelfe, faisant une légère entorse à la vérité. La magicienne lui annonça un prix. Derym fut un moment paralysé par le chiffre. Le temps de questionner Lelfe, celui-ci avait déjà sorti sa bourse et signé quelques papiers. En échange l’employée lui tendit quatre cristaux bleu pâle, luisant étrangement.
"Quand est le prochain Vortex pour Everwhite ?" demanda Lelfe après avoir longuement déversé des pièces sous les yeux d’un Derym ahuri.
"Demain matin à 10h15. Enregistrement et vérification 45 minutes avant l’ouverture. Z’avez de là chance, y’a peu de monde pour cette destination..." Lelfe remercia poliment la vendeuse et entraîna Derym vers la sortie.
"Le prix qu’elle a annoncé... Euh... Y’avait vraiment autant de zéros ?" demanda Derym se reprenant finalement.
"Oui, je t’avais dit que ce serait cher. Mais on sera dans le Grand Nord demain ! Pratique non ? T’ai-je raconté la légende sur les trois archimages amoureux d’une même princesse, qui seraient à l’origine de ce système ?" L’apprenti-Druide se laissa bercer par le babil constant de son ami, se demandant simplement si son vieux maître approuverait qu’il dépense ainsi l’argent qu’il lui avait confié. ++++ Lelfe lui fit continuer la visite de la cité. Derym finit par regretter qu’ils partent demain, tant la ville regorgeait de merveilles inconnues. Par exemple les parcs privés. Malgré son insistance il ne parvint pas à décider Lelfe à en visiter un. C’était pas une chose courante apparemment... La nuit finit par tomber doucement. Faisant ressortir l’éclairage magique des œuvres d’art des quartiers les plus opulents. Et la noirceur des quartiers défavorisés. Un pincement de coeur envahit Derym : dommage que tout le monde ne profite pas de la lumière et des fêtes somptueuses des riches.
"Bah, les pauvres peuvent librement contempler les étoiles au moins." murmura le jeune Druide. A cette occasion il remarqua que Lelfe l’entraînait vers les docks, c’est à dire bien loin de l’auberge où il était censé retrouver Ysandre.
"Euh, on ne rentre pas ?"
"Déjà lassé ? J’ai encore des trucs à te montrer ! Tu vas apprécier ! Et j’ai deux trois choses à faire." déclara Lelfe en lui faisant un clin d’oeil joyeux.
"On pourrait allait chercher Ysandre et Groumpf, non ?"
"Humm... Je pense pas. C’est pas trop le genre d’endroit où traîner une Paladine, si tu vois ce que je veux dire..." répondit Lelfe en souriant "Et je préfère la savoir en sécurité avec Groumpf." Derym ne voyait pas trop, mais apparemment l’endroit où se dirigeait Lelfe recelait quelques dangers. Il se prépara à un éventuel combat, se mettant en harmonie avec lui-même et la Nature, faible mais encore présente même dans cette cité colossale. Lelfe s’engagea dans une ruelle sordide et poussa tranquillement une porte discrète. Derym se tint prêt à tout.

Une bouffée de chaleur, de musique et d’odeurs étranges frappa le jeune Druide quand Lelfe ouvrit la porte en grand. Derym se détendit : c’était apparemment un simple bar à aventurier comme tant d’autre. Il entra à la suite de son guide. Ce qui surpris immédiatement le jeune homme fut le luxe de l’établissement, qui contrastait avec l’extérieur peu reluisant. La salle principale était bondée, décorée par de lourdes tentures rouges et des colonnes de marbre noir et des plantes vertes suspendues. D’un côté de la pièce s’étalait un bar somptueux de bois laqué, surplombé par une lourde glace. De l’autre trônait une scène où de très jolies et fort peu vêtues jeunes filles se livraient à d’étranges chorégraphies. Juste après l’entrée deux très belles et jumelles demi-elfes se portèrent à la rencontre des deux arrivants.
"Bienvenue messieurs ! L’équipe de la Féline Noire est heureuse de vous acc... Lelfe ! C’est Lelfe !" cria la première jeune femme. "Ouuuah ! Génial ! On va bien s’amuser ce soir ! Va prévenir le patron, je m’occupe d’eux." poursuivit la seconde. Lelfe salua les deux jeunes filles par une profonde révérence qui fit glousser de plaisir les demoiselles. Entraînant ensuite Derym au travers de la foule dense, il se dirigea vers une table à l’écart.

Le jeune Druide notait les différences entre cet établissement et le dernier qu’il avait visité. Tout d’abord, ce qui lui sauta aux yeux fut l’extrême légèreté des tenues des nombreuses (très nombreuses d’ailleurs, parfois plusieurs par clients) jeunes femmes employées ici. Elles étaient toutes forts belles et avenantes, servant les clients en riant, s’asseyant avec eux, même. Lui et Lelfe s’installèrent à une table et aussitôt deux aguichantes serveuses vinrent leur tenir compagnie, leur conseillant des consommations. Derym était complètement chamboulé par l’étalage de chair féminine qui tournoyait autour de lui. Son regard se détourna vers la scène. Là d’autres jeunes demoiselles prenaient des poses sensuelles et semblaient tout faire pour exposer leurs charmes. Derym, complètement rouge, détourna promptement le regard, peu habitué à ce genre de spectacle. ++++ Lelfe avaient déjà commandé une boisson pétillante au goût trop subtil pour le jeune homme. Il semblait guetter quelqu’un. Pour se changer les idées et oublier l’étalage de débauche ambiant, Derym fit courir son regard sur l’assemblée de clients. Encore plus qu’à Hillend, la multiplicité de races et des ethnies surprit le jeune homme. Des Nains, des elfes, des demi-orques, des demi-elfes, des gnomes et des humains, riaient, chantaient et festoyaient ensemble. Ils fumaient de l’herbe-à-pipe et d’autres substances végétales vendues avec sollicitude par d’agréables demoiselles, ils jouaient bruyamment aux dés ou aux cartes, tout en pariant, souvent suivant les conseils des délicieuses serveuses. Quasiment chaque tablée accueillait une ou plusieurs jeunes filles portant le très léger "uniforme" moulant et décolleté de l’établissement. Avec surprise, Derym remarqua finalement que les serveuses avaient des équivalents masculins qui se prélassaient avec certaines clientes, voire même avec des clients ! Mais où était-il encore tombé...

"LELFE ! " cria quelqu’un d’une voix visiblement ravie. Un vieux Hobbit tout de gris vêtu s’approcha de la table des deux aventuriers. Il était silencieusement suivi par un humain immense, sec et fin, drapé dans des habits très serrés et noirs. Il était également borgne et inquiétant. Le Hobbit s’attabla avec eux, claquant les fesses de Lelfe au passage avec un large sourire.
"Alors, vieux coquin, t’es enfin revenu nous rendre visite ? Pas pressé ces elfes ! Ça fait bien 8 ans, maintenant, non ?" s’exclama le petit être.
"Arff ! Désolé, j’ai été un peu pris..." dit le Barde.
"Et que me vaut le plaisir, alors ? Tu viens simplement te détendre en galante compagnie ? T’es de passage ? Ou t’es venus rejoindre... L’Association ?" demanda le vieux hobbit en jetant un oeil suspicieux à Derym.
"Ahaha ! Pas pour l’instant, Maître ! Au fait, tu connais mon ami ?" répondit Lelfe en désignant Derym. Le vieillard alluma doucement une pipe et dévisagea longuement Derym. Lelfe l’avait appelé Maître devant ce jeune homme... Donc il lui faisait confiance. Et pourquoi devait-il le connaître ?
"Non, je devrais ?" finit par dire le Hobbit. Lelfe porta son regard vers l’humain borgne, qui secoua la tête lentement.
"Pas forcement... On a juste eut quelques ennuis avec des collègues à Hillend. Ils semblaient lui en vouloir tout particulièrement." répondit Lelfe.
"Humm, j’ai pas encore entendu parler de ça. Tu voyages toujours plus vite que les nouvelles ! Et tu t’attires toujours autant des ennuis !" ricana son interlocuteur "Soit sans crainte, on t’avertira si quelqu’un cherche des noises à ton protégé. Sauf s’il y met vraiment le prix !"

Derym finit par comprendre ces échanges : Lelfe parlait à un Maître Voleur ! Son ami avait décidément de drôles fréquentations...
"Euh, je m’appelle Derym... Enchanté." finit par dire le jeune Druide en tendant la main au Hobbit. Celui-ci regarda un instant la main tendue, puis la serra avec vigueur.
"Ah ! Enchanté, gamin, et bienvenue chez moi ! Ici tu risques rien. Pour l’instant ! Mais méfie-toi quand même et surveille ta bourse : les filles ont souvent les mains baladeuses, ahaha !" s’exclama le maître des lieux. Pendant que Derym digérait la remarque du Maître voleur, Lelfe sortit une bonne poignée de pièces d’or de sa bourse et les donna au Hobbit.
"En tout cas, puisqu’on est là, on va en profiter pour s’amuser. Envoie-moi quelques-unes de ces belles dames. Et d’autres pour mon ami : c’est moi qui régale cette nuit !" Le vieux roublard ramassa les pièces d’un air rusé, puis déposa une seule pièce octogonale sur la table. Derym manqua de s’étouffer en reconnaissant une de ses rarissimes pièces données par son Maître.
"Bien essayé ! Mais tu manques de pratique, p’tit jeune. Je reprends ce qui est à moi, reprends donc la tienne ! Paye donc avec ton propre argent."
"Ah... Je manque un peu de pratique."
"De rigueur et d’intellect surtout !"
"Si vous voulez, Maître..." ++++ Le hobbit et son muet compagnon s’en allèrent, promptement remplacés par de délicieuses et attachantes jeunes femmes. Derym se sentait mal à l’aise entouré de tant d’attention féminine. Rougissant sous les propos explicites, il venait enfin de comprendre le genre d’établissement ou l’avait entraîné Lelfe. Ce dernier riait, entouré de son nuage de belles jeunes femmes. Il avait l’air fort populaire et plaisantait gentiment avec les filles. Très vite, la table se retrouva en majorité féminine, certaines déjà sur les genoux du Barde. Pour faire plaisir à ses admiratrices, Lelfe chantonna une ballade de sa voix mielleuse, avant d’entraîner certaines serveuses dans une danse effrénée sous les applaudissements du public. Quand il se rassit, Derym en profita pour lui parler à voix basse.
"T’es vraiment sur qu’il faut qu’on reste ici ?" Je m’inquiète pour Ysandre et Groumpf."
"Eh ! Dit plutôt que tu t’inquiètes de ce qu’elle pourrait penser."
"Euh, humm... Oui, aussi... Tu sais, je suis pas très à l’aise dans ce genre de... situation."
"Bah ! Laisse-toi conduire, tu vas t’amuser ! Laisse-moi me charger de tout. Et arrête de penser aux conséquences. Profite du moment présent, comme on dit !" Sur ces conseils Derym tenta d’apprécier la soirée et finalement fini même par s’amuser. Un jeune homme tel que lui ne pouvait rester longtemps insensible aux charmes féminins et la boisson et les étranges vapeurs qui montaient des groupes de fumeurs finirent par lui tourner la tête et il se joignit à Lelfe dans ses libations.

Plus tard, Lelfe titubant au bras de deux très charmantes demoiselles, s’approcha du Hobbit gérant l’établissement.
"Dis-moi, vieux grigou, pourrais-tu envoyer quelques jeunes dames peu farouches vers mon ami. Des gentilles... Je ne suis pas sûr qu’il ait déjà... Qu’il ait fait... Enfin, tu vois ? Je veux qu’il profite de la soirée au mieux sans l’effaroucher."
"Compris ! Je me charge de tout. Qui sait... J’en ferais peut-être un client fidèle !" répondit le Hobbit dans un clin d’oeil complice. Lelfe rejoignit Derym, et lui dit qu’il allait se retirer un moment, pour "méditer" en charmante compagnie. Il lui fit comprendre que ce serait assez long et que lui aussi pouvait "s’amuser à sa guise"... Virant instantanément au pivoine, Derym ne put que regarder Lelfe monter à l’étage avec deux magnifiques hôtesses. Peu après une délicate jeune fille vint discuter avec lui, chassant les serveuses pour s’isoler avec lui. La conversation était agréable et galante, la jeune dame et l’alcool aidant séduisirent peu à peu le jeune Druide peu expérimenté. Il finit par se laisser convaincre, ses hormones de bouillant jeune homme chassant sa culpabilité et sa timidité naturelle.

La demoiselle le conduisit doucement par la main vers une chambre luxueuse à l’étage. Experte, elle choisit une chambre douillette et tranquille pour mettre en confiance le jeune Druide. Lelfe, habitué, avait devancé ses pensées et avait fait livrer un vin blanc délicat et fruité et avait fait décorer la chambre de nombreuses plantes vertes elfiques. Cet environnement mit rapidement en confiance le jeune Druide, le vin lui ôtant rapidement sa timidité sans trop engourdir son esprit. Il céda facilement aux caresses douces et insistantes de la jeune fille. Elle lui déclamait des poèmes coquins qui enflammaient l’imagination du jeune homme. Il se laissa conduire vers la couche, fasciné par les tendres baisers de l’adorable hôtesse. Bien vite, il put contempler la délicieuse nudité de la jeune femme. La nature humaine chassa la raison et le jeune homme s’abandonna avec délices aux plaisirs de la chair. Toutes les questions sur la féminité trouvèrent rapidement une réponse, mais le brûlant jeune homme ne se s’en soucia pas vraiment, obnubilé par ce plaisir qu’il découvrait dans les bras de son amante de passage. Il lui fit l’amour passionnément, au grand plaisir sa compagne de la nuit. Les amis de Lelfe étaient vraiment intéressants et pleins de vie et de fougue ! L’apprenti-Druide termina donc la soirée en s’endormant tendrement dans les bras de son amante d’un soir, ce quelle trouva fort mignon ! En quittant doucement la pièce elle espérait que ce beau jeune homme reviendrait... ++++ Au cœur de la nuit, Derym se réveilla à la suite d’un bruit. Il s’étonna un instant de l’endroit où il se trouvait, avant de se souvenir en rougissant. Son amante avait déjà disparue... Occupé ailleurs probablement... Le jeune homme soupira, puis s’étrangla de surprise quand la porte de la chambre s’ouvrit. La lumière venant du couloir lui permit de deviner une petite forme "vêtue" de nombreux voiles. Avant qu’il ait pu dire le moindre mot, la silhouette se mit à danser sensuellement et jouant une musique exotique sur une flûte de pan. La danseuse ferma la porte dans un mouvement, enchaînant des déhanchements sur une musique étrange. Derym était statufié et un peu honteux : cette soirée déjà débauchée semblait vouloir ne plus finir. Il protesta faiblement, mais la silhouette lui fit signe de se taire avant d’escalader le lit tout en ondulant.

La pénombre ne lui permit pas de bien voir sa nouvelle visiteuse, mais ce n’était apparemment pas sa précédente amante. Elle était plus petite, plus fine et moins... en chair. Mais ses caresses et ses danses suggestives émoustillaient quand même le jeune homme. Pourtant, son esprit encore embrumé par l’alcool et le désir tentait de lui dire quelque chose. Il réalisa que les caresses étaient maladroites, voire gênées. Que les danses n’avaient pas la grâce experte de son amante. Et la musique semblait improvisée et pas très bien jouée... Et elle semblait repousser gentiment ses caresses. Curieux. La curiosité vainquit finalement l’attrait charnel et Derym chassa les mains maladroites de la demoiselle pour l’empoigner à bras le corps. Surprise ! Ses doigts rencontrèrent une fine armure de cuir. Le jeune Druide laissa échapper une exclamation de surprise. Brutalement la jeune femme se dégagea et sortit de ses voiles une minuscule fiole. Promptement elle en déversa le contenu poudreux au visage de Derym au comble de la surprise. Malgré sa méfiance, il inhala un peu de la substance qui l’envoya illico à terre, paralysé.

"Trop facile !" s’écria la jeune femme, en se penchant sur Derym afin de vérifier son engourdissement. A moitié immobilisé, toussant pour chasser l’irritante substance, Derym détailla son assaillante qui venait d’allumer une bougie pour fouiller la pièce.
Une gamine ! La jeune fille était en fait vêtue d’une discrète armure de cuir assombrie à la cendre. Des voiles colorés avaient masqué son équipement et sa silhouette d’adolescente. Elle fouillait désormais dans les affaires de Derym. Une voleuse !
"Pas de chance, pas de chance..." murmurait-elle en jetant les maigres possessions de Derym au sol. Soudain elle découvrit les cylindres-messagers sacrés du jeune Druide.
"Ah Ah ! Jackpot ! Des artefacts. T’es pas si inintéressant, le naïf !" s’exclama t’elle en empochant les cylindres. Elle retourna alors près du corps dénudé du Druide.
"Humm... Que faire maintenant ? L’assassinat de sang froid n’a jamais était mon truc. Faisons donc un pacte ! T’as l’air sympa bien qu’un peu bête, alors écoute : tu m’as jamais vu, t’as rien perdu ici et j’te laisse en vie ! Ok ?" Derym grogna, incapable ne serait-ce que de bouger la tête. Il gravait dans son esprit l’aspect de la jeune adolescente : cheveux roux flamboyants, plus que les siens, yeux vert brillants, air mutin et abondantes tâches de rousseur. Petite et menue.

"Pas de protestations ? Donc t’es d’accord ! Rappelle-toi que tu dois la vie à ma grande clémence." ricana t’elle. Elle voulut déposer un baiser ironique sur les joues de Derym mais elle fut cueillit au menton par le poing de celui-ci. Elle s’étala, plus à cause de la surprise qu’à cause du coup. Derym avait utilisé sa magie pour purger son corps des toxines paralysantes. Mais il était encore faible et vacillant et son coup n’avait pas été assez appuyé !
"Bon, ciao courageux aventurier !" lança la jeune femme en se propulsant au travers d’une fenêtre ouverte d’un coup de pied.
"St..op !" cria (ou du mois tenta de crier) Derym chancelant. La jeune demoiselle en équilibre sur la fenêtre, lui fit un sourire effronté et lança une curieuse sphère de verre dans la pièce. Une lumière éblouissante envahit aussitôt la chambre, aveuglant Derym qui se ruait vers la gamine.
"LELFE ! VIENS VITE !" hurla le Druide paniqué. Répondant quasi-instantanément à son appel, le Barde entra brusquement dans la pièce, dagues aux poings.
"Par la fenêtre !" cria le jeune homme. "Elle a pris les Cylindres !" Aussitôt Lelfe bondit et repéra la mince silhouette qui fuyait à travers les toits. Il s’élança immédiatement, hurlant à Derym de le suivre dès qu’il serait habillé.

Bien qu’encore abruti par l’alcool et les autres excès de la soirée, l’aventurier elfique se lança à la poursuite de la jeune voleuse à travers les toits des établissements voisins. La poursuite allait être serrée, il le savait. Lui n’était pas vraiment "en forme" pour cet exercice, de plus sa connaissance des ruelles, toits, cachettes et passages préférés des brigands de la ville était obsolète... Mais il conservait deux avantages sur la jeune humaine : son agilité elfique qui lui faisait négliger les tuiles et les pavés humides et/ou couverts de mousse. De plus le ciel était couvert, rendant la nuit fort sombre, ce qui allait gêner la voleuse bien plus que lui et son infravision. La petite silhouette lui menait un train d’enfer, faisant regretter à Lelfe ses libations trop abondantes : physiquement il ne tiendrait pas si la course se poursuivait trop longtemps.

"Merde ! C’qu’il est collant c’lui là !" siffla la jeune adolescente entre ses dents. La poitrine en feu, elle admirait haineusement les bonds fluides et gracieux de son poursuivant. Elle ne le sèmerait pas facilement...
"Bon... Ok, tu veux la guerre !" murmura-t-elle avant d’escalader promptement une maisonnée. Elle se dirigeait vers sa cachette favorite, là où elle entreposait une surprise pour d’éventuels cas comme celui-ci. Lelfe la suivit aisément et la pourchassa sur le toit de l’immeuble. La jeune voleuse plongea soudain à l’arrière d’une cheminée, se redressant ensuite dans une roulade, une monstrueuse arbalète au creux des reins, pointée sur Lelfe. Les réflexes encore engourdis par sa soirée de débauche, Lelfe ne put tenter qu’un plongeon maladroit pour se mettre à couvert. Elle tira. Quatre traits (!) partirent vers Lelfe. Elle n’avait pas vraiment visé, et son adversaire compris pourquoi quand les projectiles explosèrent en nuages gris asphyxiants. Toussant, la gorge en feu et les yeux brouillés de larmes, Lelfe sortit à tâtons du nuage irritant. Elle l’avait bien eu ! ++++ Au moment où Lelfe pensait devoir abandonner la poursuite, une ombre creva le nuage. Chargeant comme une bête furieuse, Derym l’avait rejoint ! La rage et l’humiliation l’obnubilaient et il s’était lancé torse nu à la poursuite de la traîtresse. Négligeant complètement sa sécurité il avait suivit les deux monte-en-l’air. Cette arrivée impromptue redonna à Lelfe du courage et lui permit en outre de localiser la jeune demoiselle, quant elle laissa tomber un "Merde !" retentissant en voyant charger Derym comme un taureau furieux. La poursuite repris de plus belle. Derym était plus endurant, et guidé par Lelfe, malgré sa vision qui le faisait souffrir, il ne faisait apparemment nul doute qu’il allait réussir à rattraper la voleuse. Cette dernière donnait tout ce qu’elle avait pour garder une distance suffisante entre elle et ses poursuivants. Son arme l’encombrait plus qu’autre chose, trop lourde et massive. Difficile aussi de recharger en pleine course sur des rebords glissants. Mais elle n’avait pas dit son dernier mot...

Puisant dans ses dernières forces elle s’élança vers deux grandes maisons aux toits plats, reliées par une échelle déposée auparavant. Lelfe compris son plan et accéléra, hurlant à Derym de la rattraper au plus vite. Trop tard. La petite peste franchit agilement l’échelle de bois, et la projeta dans le vide dès le gouffre dépassé. Ses deux poursuivants n’eurent que le temps de piler, la laissant provisoirement à l’abri. La séparation entre les deux toits était bien trop large pour être franchie en sautant, même avec élan. Lelfe ne s’attarda pas à essayer, préférant chercher de ses yeux perçants une autre voie d’accès. Pendant ce temps Derym fulminait ou sombrait dans la dépression, en alternance, pendant que la rusée gamine reprenait son souffle en les raillant. Ayant finalement récupéré, elle rechargea son arme et fit feu sur les aventuriers. Cette fois Lelfe s’y attendait et lui et Derym ne furent pas atteint par les projectiles maladroits, ni entraînés dans le nuage suffoquant qu’ils libérèrent une fois brisés.
"Bon... Ciao la compagnie ! " fit la jeune fille en abandonnant son arme, celle-ci étant vraiment trop imprécise. Toujours rigolant et adressant des gestes moqueurs, elle se rendit à l’extrémité opposée du toit, cherchant visiblement à bondir vers une tourelle d’un manoir voisin. Et hors de portée des aventuriers.
"Comme prévu..." siffla Lelfe entre ses dents en faisant signe à Derym de se calmer "Désolé, jeune demoiselle, mais tu t’arrêtes ici."

Malgré sa vision encore brouillée par le gaz irritant et malgré son esprit défaillant après une fête arrosée et un réveil impromptu, Lelfe commença à incanter. Derym fini par reconnaître le sort : c’était celui que Lelfe avait employé pour répandre de l’huile sous les pieds d’arbalétriers assassins. Le Barde finit le sortilège au moment où la voleuse prenait son élan. Il visa donc son point de chute sur la tourelle, en priant pour qu’elle ne se tue pas en glissant et en tombant dans la rue. L’agile adolescente vit brutalement le toit qu’elle visait se recouvrir d’une étrange substance jaune-verdâtre pendant qu’elle était en l’air. Elle s’écrasa au milieu, très inélégamment, s’embourbant dans la substance magique collante qui luisait faiblement.
"Mince ! C’est quoi ce truc ? " S’exclama-t-elle en se redressant. Derym se le demandait aussi, mais ces interrogations cessèrent quand Lelfe manqua de tomber dans les pommes à côté de lui. Il vomit brièvement, en râlant. ++++
"...J’ai... J’ai... Planté le sort." murmura-t-il à Derym qui s’était précipité "Ouf... ça va... pas trop mal... Vite, dans ma poche droite !" Obéissant à son ami encore paralysé par le contre-coup magique, il plongea sa main dans la poche de Lelfe, en ressortant un artefact métallique et dépliable. Le donnant à son ami, qui saignait maintenant du nez, il parcourut les toits du regard à la recherche de la voleuse. Peine perdue, l’adolescente rouée avait déjà disparue... Il s’effondra, miné par l’échec cuisant de sa mission à peine commencée. Il sentait les larmes lui monter aux yeux, en proie à la honte et au désespoir. Une main chaleureuse lui pris l’épaule : Lelfe avait récupéré.
"Pas de panique ! Rien n’est encore perdu. Regarde ce haut bâtiment sombre au loin." lui dit Lelfe en lui tendant son artefact. Derym pris le tube métallique que le Barde avait déplié on ne sait comment. Suivant les instructions de Lelfe il regarda par un côté du tube en visant de l’autre la haute tour noire désignée.

Malgré la nuit sombre, le bâtiment lui apparut nettement et grossi !
"Ouuaah ! Un instrument de Clairevision !" S’émerveilla le jeune Druide.
"Pas tout à fait. C’est juste une longue-vue gnome. Pratique en mer et même en ville. Regarde plutôt la fenêtre en haut à gauche." Derym fouilla du regard la zone indiquée par Lelfe. Avec cette vision grossie il n’eut aucun mal à repérer une fine trace de botte d’un jaune-vert légèrement lumineux après être passé dans l’étrange substance magique invoquée par Lelfe.
"Elle est rentrée là. Et regarde les glyphes entourant les fenêtres et la base de cette tour : c’est chez un mage et c’est protégé ! Donc elle y est avec son accord."
"Allons-y ! Il faut absolument récupérer les cylindres."
"Du calme, on va pas se jeter comme ça à l’assaut d’un laboratoire de Mage !" répondit Lelfe. On va avoir besoin de Groumpf et d’Ysandre... Pff... Allons les chercher à l’hôtel." conclut-il visiblement ennuyé.
"Qu’est-ce qu’il y a ?" "Elle va me buter c’est sûr..." conclut Lelfe en imaginant la réaction d’Ysandre à leurs frasques de cette nuit.

Comme prévu par le Barde, la jeune Paladine ne fut pas spécialement ravie de se faire réveiller par ses compagnons, sentant l’alcool, le vomi et le parfum féminin.
"Par Tür ! Où étiez-vous donc passé ? On s’inquiétait, nous ! Z’êtes complètement inconscients ou quoi !"
"Euh... c’est à dire..." commença laborieusement Lelfe sous le regard furibond de la Paladine.
"Eh ! Mais vous empestez l’alcool en plus ! Lelfe qu’as-tu encore fait ? Et pourquoi Derym à l’air aussi anéanti ?"
"Ben... On a un peu fait la fête..." poursuivit Lelfe.
"Oui, ça se voit ! On dirait deux loques !"
"Et... On s’est fait piquer les cylindres de Derym." acheva-t-il, piteux.
"...QUOI !?! Et comment ? C’était LE truc à surveiller !"
"Ah... Humm... En fait, on s’est fait avoir en beauté. La voleuse a profité de l’innocence de Derym et du fait que j’étais occupé ailleurs avec quelques demoiselles... Oups !"
"QUOI !?! Mais... Non, me dit pas que t’as amené Derym dans un lieu de perdition ?"
"Ben, en fait si..." intervint l’apprenti-Druide, pendant que Groumpf se marrait doucement derrière Ysandre.
"Comment as-tu pu ?" accusa la guerrière en empoignant Lelfe (le soulevant d’une main et le collant sur le mur au passage).
"Euh... A la base on y est allé pour prendre quelques renseignements. Mais y’avait plein d’anciens amis, je me suis laisser entraîner. Désolé... En plus j’ai entraîné Derym là dedans." ++++ La jeune femme poussa un soupir las : c’était bien l’attitude irresponsable de Lelfe.
"Et toi, tu t’es laissé entraîner dans cet antre de perdition sans rien dire ?" demanda la jeune fille en colère.
"Ben... C’était pas aussi terrible que tu le penses. Et les jeunes filles étaient très gentilles et..." dit le jeune homme en rougissant.
"QUOI !?! Tu lui as aussi payé des filles ?" rugit la Paladine, outrée.
"Hum... Oui. Tu sais, on n’est que des hommes... Et on a parfois certains besoins. Dans des conditions, euh, propices, on se laisse facilement entraîner." Le Barde et l’apprenti-Druide poursuivirent leurs malheureuses histoires sous les regards furibonds de la jeune femme, qui ne se gênait pas pour faire des commentaires sarcastiques.

"Les hommes... Tous vraiment les mêmes !" conclut la demoiselle à la fin de cette rocambolesque aventure.
"Parce que les femmes n’ont pas le même genre de faiblesse ?" insinua Lelfe.
"Absolument pas ! La volonté doit être plus forte que la chair." répondit violemment la jeune Paladine, même si Derym pouvait jurer de l’avoir vu rougir.
"En tout cas inutile de s’attarder sur cette malheureuse histoire. Aux armes, compagnons ! On a une tour de mage à prendre d’assaut ! Ou du moins à infiltrer..." déclara Lelfe qui avait visiblement récupéré des événements de la nuit.
"Humm... C’est pas un peu... Brutal, ta méthode ?" demandèrent en coeur la Paladine et le Druide, ce qui les fit rire aux éclats.
"Pas le temps d’épiloguer ! Frappons vite, frappons fort ! Il faut impérativement récupérer les cylindres sacrés."
"Je le sens mal parti..." murmura Ysandre, prenant quand même son équipement de combat. "On pourrait pas discuter avec le propriétaire de la tour d’abord."
"Oh ! Si tu veux... Je suis sûr qu’un type qui habite dans une tour noire, bardée de glyphes de protection et qui emploie une voleuse adolescente qui séduit les innocents pour mieux les tromper sera ravi de discuter avec nous." répondit ironiquement le Barde.

Commentez !
Un message, un commentaire ?

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)



Qui êtes-vous ? (optionnel)